Aller au contenu principal

Être rappelé(e)

Laissez vos coordonnées, Mélodie vous rappelle sous 24h.

ou
Une demande précise ? Formulaire de contact
Blog Piloter & financer
Piloter & financer

Facturation électronique au 1er septembre 2026 : ce qui change pour les organismes de formation

15 min de lecture·30 août 2026

Réponse directe, le 30 août 2026 : au 1er septembre 2026, tout organisme de formation assujetti à la TVA doit pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée, y compris lorsqu'il est exonéré sur certaines opérations au titre de la formation professionnelle continue : l'exonération du CGI 261 le dispense d'émettre pour ces opérations, pas de recevoir les factures de ses fournisseurs. L'émission, elle, n'est obligatoire au 1er septembre 2026 que pour les grandes entreprises et les ETI ; les PME, TPE et micro-entreprises ont jusqu'au 1er septembre 2027, et uniquement pour leurs opérations taxables.

Cet article reste volontairement dans le seul champ de la facturation électronique. Pour la réforme de la TVA des opérateurs de compétences au 1er octobre 2026, qui change le circuit de paiement et de remboursement de vos formations, nous renvoyons à notre analyse de la réforme TVA des Opco et de ses dates butoirs : les deux sujets se touchent sans se confondre, et c'est précisément ce que nous démêlons ici pour un organisme de formation.

→ Recevoir le programme Introduction à l'IA générative

Cinq repères avant le 1er septembre

  • La réception est obligatoire pour toute entreprise assujettie au 1er septembre 2026. Selon la FAQ calendrier de la DGFiP, « toutes les entreprises quelle que soit leur taille [...] devront recevoir leurs factures sous forme électronique », dès lors que leur fournisseur a l'obligation d'émettre.
  • L'émission suit un calendrier par taille : grandes entreprises et ETI au 1er septembre 2026 ; PME et micro-entreprises au 1er septembre 2027, selon la même FAQ.
  • L'exonération CGI 261 ne dispense que de l'émission pour les opérations exonérées, pas de la réception des factures fournisseurs, selon la FAQ « je facture sans TVA » de la DGFiP.
  • Le PDF ordinaire ne sera plus conforme pour les opérations concernées : format structuré et plateforme agréée obligatoires.
  • L'exonération formation a un champ exact : seules la formation professionnelle continue et les prestations étroitement liées y entrent ; le conseil, le recrutement ou la location de salles restent imposables, donc dans le champ de l'émission.

Le calendrier officiel, sans raccourci

Reprenons les dates, car c'est sur elles que circulent le plus de raccourcis. La FAQ de la DGFiP sur le calendrier de la réforme, consultée le 30 août 2026, pose trois règles. Première règle : « À compter du 1er septembre 2026, toutes les entreprises quelle que soit leur taille [...] devront recevoir leurs factures sous forme électronique, dès lors que leur fournisseur a l'obligation de les émettre sous ce format. » La fin de la citation compte : l'obligation de recevoir se déclenche face aux fournisseurs obligés d'émettre, c'est-à-dire d'abord les grandes entreprises et les ETI. Deuxième règle : à cette même date, « les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire seront tenues d'émettre leurs factures sous format électronique et de transmettre électroniquement à l'administration leurs informations de transactions et leurs données de paiement ». Troisième règle : « À compter du 1er septembre 2027, l'obligation d'émission [...] pour les petites et moyennes entreprises ainsi que pour les micro-entreprises. »

Deux précisions de calendrier que la presse de vulgarisation mélange souvent. La première : la taille s'apprécie selon l'article 51 de la loi de modernisation de l'économie, que la FAQ cite comme base ; si votre organisme frôle une frontière, faites trancher votre catégorie par votre expert-comptable. La seconde : la transmission de données à l'administration, dite e-reporting, suit le même calendrier que l'émission, comme le confirme la page « Je découvre la facturation électronique » : pour un organisme de formation, ce n'est donc pas un troisième chantier daté différemment, c'est le même, vu sous l'angle des données.

Le calendrier officiel en trois datesSources : FAQ calendrier DGFiP et dépliant « La Facturation électronique arrive en 2026 » (consultés le 30 août 2026)Depuis juillet 2025Échanges volontairesvia plateformes agréées1er septembre 2026RÉCEPTION pour tous les assujettisÉmission : grandes entrepriseset ETI1er septembre 2027Émission : PME, TPEet micro-entreprises

Ce qui change techniquement au 1er septembre

La réforme ne change pas seulement le fichier, elle change le canal. La page « Je découvre la facturation électronique » de la DGFiP définit trois exigences cumulatives : la facture doit respecter un format donné (UBL, CII ou format mixte associant un fichier de données structurées et un fichier image), comporter les mentions obligatoires dans des champs dédiés (SIREN du fournisseur et du client, date d'émission, adresse de livraison le cas échéant), et surtout « être transmise au client par l'intermédiaire d'une plateforme agréée, partenaire de l'administration ». Le constat de la DGFiP est sans appel : « la facturation électronique, comme on peut l'entendre aujourd'hui, sous la forme de facture papier scannée, de PDF ordinaire, de document envoyé par mail, ne sera plus conforme à la réglementation. »

Sur le format lui-même, la réforme distingue trois socles : UBL et CII, deux syntaxes de factures entièrement structurées lisibles par machine, et les formats mixtes, qui associent un fichier de données structurées à un fichier image lisible par un humain. Les mentions obligatoires (numéros de SIREN du fournisseur et du client, date d'émission, adresse complète de livraison si elle diffère de celle du client) doivent figurer dans des champs encodés, et non dans le corps libre d'un document : c'est cette structuration qui autorise les plateformes à acheminer les flux et de transmettre les données à l'administration.

La plateforme agréée est une entreprise privée immatriculée par l'État, « désignée partenaire de l'administration dans le cadre d'une procédure spécifique ». Deux conséquences pratiques pour un organisme de formation. D'abord, vous pouvez choisir une plateforme différente de celles de vos fournisseurs et de vos clients : les plateformes sont interopérables, et un annuaire des destinataires, tenu par l'administration, sert à adresser les flux vers le bon SIREN. Ensuite, le premier geste n'est pas de signer avec une plateforme au hasard : la DGFiP recommande de contacter d'abord votre logiciel actuel (facturation, métier, ERP) pour savoir s'il s'est connecté à une plateforme agréée, auquel cas vous continuez à l'utiliser. Pour un organisme dont la gestion commerciale tient dans un outil métier ou un tableur, la question « que devient ma facturation en septembre » se pose donc d'abord à son éditeur, pas à l'administration.

Conforme ou pas : le canal compte autant que le documentLecture de la page « Je découvre la facturation électronique » de la DGFiP (consultée le 30 août 2026)Conforme à la réformeFormat UBL, CII ou mixteMentions en champs dédiés(SIREN fournisseur et client, dates)Transmission par plateforme agrééePlus conformeFacture papier scannéePDF ordinaireDocument envoyé par mailpour les opérations dans le champ

Organisme exonéré de TVA : concerné ou pas ?

C'est le cœur du sujet pour un organisme de formation, et la source est limpide. La FAQ de la DGFiP « Je n'émets pas de facture, ou je facture sans TVA » distingue quatre situations : « Si vous réalisez des opérations exonérées de TVA au sens des articles 261 à 261 E du Code général des Impôts (CGI), alors par contre, vous n'êtes pas concernés en émission par la facturation électronique ou la transmission électronique d'informations à l'administration. En revanche, en tant qu'acheteur professionnel, vous êtes concerné par la facturation électronique [...] vous aurez l'obligation de recevoir les factures de vos fournisseurs au format électronique par l'intermédiaire d'une plateforme agréée. »

La fiche 2 de la DGFiP, « Mon entreprise sera-t-elle obligée de facturer électroniquement ? », illustre ce basculement par un exemple transposable à la lettre : « un médecin généraliste qui consulte à son cabinet, est dispensé de facturation, car son activité entre dans le périmètre des activités exonérées. En revanche, il devra choisir une plateforme pour recevoir les factures au format électronique dès le 1er septembre 2026, par exemple des fournisseurs d'énergies ou des fournisseurs d'accès à [internet] ». Substituez l'organisme de formation exonéré au médecin, et le formateur indépendant ou l'hébergeur de LMS au fournisseur d'énergie : la mécanique est identique. La même fiche précise deux garde-fous : la dispense d'émission ne vaut « uniquement pour les opérations exonérées dispensées de facturation », et l'entreprise « va néanmoins recevoir des factures électroniques de la part de ses [fournisseurs] ».

Trois statuts qu'il ne faut pas confondre. L'exonéré CGI 261 (formation professionnelle continue, attestation administrative) : hors champ de l'émission pour ses opérations exonérées, tenu de la réception. Le franchisé en base (article 293 B du CGI, typiquement le formateur indépendant sous les seuils) : il « reste assujetti à la TVA » et est donc soumis à la réforme « en réception et en émission », avec émission au plus tard en 2027 et mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur ses factures, précise la même fiche 2. L'association non assujettie : la fiche 2 indique dans ses « bon à savoir » qu'une association à but non lucratif non soumise à la TVA n'a « pas l'obligation d'émettre ni de recevoir les factures » : un organisme de formation privé titulaire de l'attestation exonérante ne se range pas dans cette case, car il reste un acheteur professionnel assujetti.

Trois statuts, trois régimes face à la réformeSources : FAQ « je facture sans TVA » et fiche 2 de la DGFiP (consultées le 30 août 2026)Exonéré CGI 261organisme de formation attestéÉmission : hors champpour les opérations exonéréesRéception : obligatoireau 1er septembre 2026Franchisé 293 Bformateur indépendant sous seuilsRéception : 2026Émission : au plus tard 2027Mention « TVA non applicable,article 293 B du CGI »Association non assujettienon soumise à la TVANi émission ni réceptionobligatoiresUn OF privé exonérén'est PAS dans cette case

Le champ exact de l'exonération formation

Reste la question que les guides de vulgarisation traitent mal : que couvre précisément votre exonération ? Le fondement est le 4° du 4 de l'article 261 du CGI, qui exonère, selon le BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-50, « la formation professionnelle continue, telle que définie par les dispositions législatives et réglementaires qui la régissent », assurée par des personnes de droit privé « titulaires d'une attestation délivrée par l'autorité administrative » : l'imprimé n° 3511-SD déposé auprès de la direction régionale compétente. Le BOFiP borne ensuite la portée de cette attestation : elle « ne vaut que pour les opérations effectuées dans le cadre de la formation professionnelle continue », c'est-à-dire les opérations de formation proprement dites, y compris les bilans de compétences, « et les prestations de services ou livraisons de biens qui leur sont étroitement liées (logement, nourriture [...], fourniture de documents pédagogiques) ».

La suite est la nuance décisive pour septembre : « Les autres opérations éventuellement réalisées par une personne titulaire de l'attestation sont imposables à la TVA dans les conditions habituelles », cite le BOFiP, qui liste « des livraisons de matériels ne présentant pas un intérêt pédagogique ; des locations de salles aménagées ; des prestations de conseil ou de recrutement ; des prestations d'enseignement qui ne constituent pas des opérations de formation professionnelle continue ». Traduisez en langage de rentrée : vos journées de conseil en stratégie IA vendues à un comité de direction, la location de votre salle équipée à une entreprise tierce, une prestation de recrutement de formateurs, sont des opérations taxables. Elles entrent dans le champ de l'émission de factures électroniques selon votre taille, 2026 si votre organisme est une ETI, 2027 sinon.

Deux cas de bord à traiter avec votre expert-comptable plutôt qu'avec un article de blog. Le premier : la vente de supports. La fourniture de documents pédagogiques étroitement liés à la formation est exonérée, mais une vente de matériel sans intérêt pédagogique ne l'est pas ; la frontière se juge opération par opération. Le second : les ventes aux particuliers, qu'il faut séparer en deux circuits très différents. D'un côté, les inscriptions financées par le compte personnel de formation passent par l'espace dédié aux organismes de formation (EDOF) de la Caisse des dépôts, qui instruit la demande de règlement et déclenche le paiement ; à la date de rédaction, le portail public des organismes de formation ne publie aucune consigne de bascule de ce circuit vers une plateforme agréée. De l'autre, les ventes directes à des particuliers hors CPF : la FAQ de la DGFiP précise que lorsque vos clients sont des particuliers, « vous êtes alors a minima concerné par le e-reporting », la transmission des données de ces opérations à l'administration, selon le même calendrier par taille ; mais elle ajoute que les opérations exonérées au sens des articles 261 à 261 E sont hors champ de l'émission « ou la transmission électronique d'informations à l'administration ». En clair, pour un organisme exonéré : ni le CPF via EDOF, ni la vente directe de formation exonérée ne créent de flux nouveau en 2026 ; seule une opération taxable vendue à un particulier relèverait de l'e-reporting.

Apport Origin : la matrice ci-dessous est celle que nous utilisons pour qualifier nos propres flux : elle croise le régime TVA de chaque opération, tel que le BOFiP le borne, avec l'obligation de facturation électronique qui en découle. Ce n'est pas une doctrine officielle : c'est un outil de tri à soumettre ligne par ligne à votre expert-comptable, parce que c'est la qualification de chaque flux, pas le statut global de l'organisme, qui décide.

Opération de l'organisme Régime TVA (BOFiP) Facturation électronique
Session de formation professionnelle continue, bilan de compétences Exonérée (CGI 261, 4, 4°) sur attestation Hors champ de l'émission ; réception fournisseurs obligatoire
Documents pédagogiques, logement et nourriture étroitement liés à la session Exonérés (prestations étroitement liées) Hors champ de l'émission
Conseil, recrutement, location de salles aménagées Imposables dans les conditions habituelles Émission selon taille : 2026 (GE/ETI) ou 2027 (PME/micro)
Matériel vendu sans intérêt pédagogique Imposable Émission selon taille
Formation financée par le CPF (circuit EDOF) Exonérée si FPC sur attestation Circuit EDOF inchangé à la date de rédaction, pas de flux nouveau
Vente directe à un particulier hors CPF Exonérée si FPC, imposable sinon FPC exonérée : hors émission et e-reporting ; opération taxable : e-reporting

Préparer septembre : six gestes dans le bon ordre

La bascule se prépare en quelques heures de tri, pas en projet SI. La séquence qui suit est conçue pour un organisme de formation exonéré de taille PME ou micro, le cas le plus fréquent ; les ETI y ajoutent le chantier émission dès cette année.

  • Retrouver et vérifier votre attestation exonérante (imprimé n° 3511-SD auprès de la direction régionale) : elle fonde le régime de vos flux formation. Sans attestation en cours de validité, le BOFiP est catégorique : l'exonération ne s'applique pas.
  • Qualifier chaque ligne de chiffre d'affaires avec la matrice ci-dessus : exonéré, imposable, particuliers. C'est ce tri qui détermine ce que vous devrez émettre en 2027, et ce qui demeure hors champ.
  • Contacter votre éditeur de logiciel (facturation, métier, ERP) : la DGFiP en fait le premier réflexe. S'il est connecté à une plateforme agréée, votre chantier se limite à un paramétrage.
  • Choisir votre plateforme agréée dans la liste officielle publiée sur impots.gouv.fr si l'éditeur ne couvre pas le besoin : c'est par elle que transiteront les factures de vos fournisseurs dès le 1er septembre 2026.
  • Vérifier votre inscription à l'annuaire des destinataires (SIREN, adressage) : sans adresse dans l'annuaire, les flux de vos fournisseurs ne vous atteignent pas.
  • Tester la réception dès septembre sur les premiers flux (énergie, télécom, hébergeur, éditeur LMS) et tracer le point de contact interne : une facture fournisseur reçue hors plateforme après la bascule n'est plus conforme pour les opérations concernées.

Comment une facture fournisseur vous atteint après la basculeCircuit décrit par la DGFiP : plateformes agréées interopérables et annuaire des destinatairesFournisseurGE ou ETI, émet dès 2026Plateforme agrééedu fournisseurVotre plateforme agrééechoisie ou via votre éditeurAnnuaire des destinatairesadressage par SIRENVotre organismeréception dans votre outil

Mise en pratique : un organisme de huit salariés exonéré au 1er septembre

Scénario illustratif : la situation qui suit est une hypothèse pédagogique, à recalculer avec vos chiffres et à remplacer par vos données ; elle ne décrit ni un client ni une procédure réelle. Considérons un organisme de formation de huit salariés, titulaire de l'attestation exonérante, dont le chiffre d'affaires se répartit en trois ensembles : des actions de formation professionnelle continue pour des entreprises, quelques journées de conseil vendues à des comités, et des inscriptions de particuliers financées par le compte personnel de formation, réglées via EDOF.

Trajectoire A, l'organisme préparé. En juin, la direction a qualifié ses flux avec la matrice : les sessions et les supports pédagogiques sont exonérés, le conseil est imposable, les dossiers CPF restent sur le circuit EDOF. Son éditeur de logiciel métier s'est connecté à une plateforme agréée ; l'organisme a vérifié son adressage dans l'annuaire en juillet. Au 2 septembre 2026, les premières factures électroniques de son fournisseur d'énergie et de son hébergeur arrivent dans l'outil ; le conseil vendu à une ETI continue d'être facturé au format habituel jusqu'en 2027, date à laquelle l'organisme, PME, devra l'émettre au format structuré ; les dossiers CPF continuent d'être réglés par le circuit EDOF de la Caisse des dépôts, sans changement à la date de rédaction. Coût total : quelques heures d'administratif, étalées sur l'été.

Trajectoire B, l'organisme pris de court. Personne n'a choisi de plateforme. Au 4 septembre 2026, le fournisseur d'énergie, grande entreprise obligée d'émettre, envoie sa facture via sa plateforme agréée : l'annuaire ne trouve pas l'organisme, qui n'a pas d'adresse enregistrée. La comptabilité réclame « sa facture au format actuel » ; le fournisseur répond que le PDF par mail n'est plus le canal conforme. Durant des semaines, les factures d'achats arrivent en désordre, au moment même où l'organisme doit produire ses justificatifs de charges pour ses financeurs. Opinion de Pierre Beunardeau : le vrai risque de septembre 2026 pour un organisme exonéré n'est pas un redressement abstrait, c'est la rupture des flux de factures au moment où ses fournisseurs basculent, alors que la préparation tient en une inscription et deux tests.

Trois familles de flux, trois traitementsScénario illustratif, à recalculer avec vos chiffres ; qualification à valider par votre expert-comptableSessions FPC + supportsExonérés (attestation 261)Hors champ de l'émissionRéception fournisseurs : 2026Conseil aux entreprisesImposable (BOFiP § 310)Émission : 2027 pour une PMERéception fournisseurs : 2026CPF via EDOFCircuit Caisse des dépôtsInchangé à ce jourRéception fournisseurs : 2026Dénominateur commun : la réception est obligatoire pour tous les assujettis au 1er septembre 2026plateforme agréée + annuaire, quel que soit le régime des ventes

Ce que cet article ne décide pas à votre place

Quatre précisions d'honnêteté. D'abord, cet article est un guide d'organisation documenté, pas un conseil fiscal : la qualification de vos flux (exonéré, imposable, e-reporting), votre catégorie de taille au sens de l'article 51 de la loi de modernisation de l'économie, et le traitement de vos cas de bord (sous-traitance de formation, opérations mixtes, ventes à l'étranger, qui relèvent de l'e-reporting de transaction) demandent la validation de votre expert-comptable.

Ensuite, les sources DGFiP citées ont été revues le 30 août 2026 : la FAQ calendrier, la FAQ « je facture sans TVA », la page « Je découvre la facturation électronique », la fiche 2 et le dépliant de présentation. La fiche 2 PDF affiche « Mise à jour juin 2026 » en pied de page lors de notre consultation ; le dépliant date d'août 2025. Les règles qu'ils décrivent sont confirmées par les FAQ consultées à la date de rédaction, mais la doctrine peut évoluer : vérifiez les versions en ligne au moment de votre bascule.

Troisième limite : nous n'avons pas traité les cas des organismes dont l'effectif ou le chiffre d'affaires les range dans la catégorie ETI ou grande entreprise, pour lesquels l'émission est obligatoire dès le 1er septembre 2026, ni le détail des formats (UBL, CII, formats mixtes) et des mentions obligatoires en champs dédiés, que la DGFiP documente dans ses fiches techniques.

Enfin, la frontière avec la réforme de la TVA des opérateurs de compétences mérite d'être répétée : le circuit de paiement de vos formations financées (qui paie la TVA en premier, qui rembourse, et selon quel calendrier) est un chantier distinct, traité dans notre analyse de la réforme TVA des Opco au 1er octobre 2026. La facturation électronique, elle, ne change ni le prix de vos formations ni leur financement : elle change le canal et le format des factures.

Ce que septembre exige vraiment d'un organisme de formation

La réforme est moins spectaculaire que son titre et plus concrète que sa caricature. Au 1er septembre 2026, aucun organisme de formation exonéré n'aura à émettre de factures électroniques pour ses sessions ; mais chacun, dès lors qu'il est assujetti à la TVA, devra recevoir celles de ses fournisseurs via une plateforme agréée, sous peine de voir ces flux se rompre au moment où les grandes entreprises basculent leur émission. Trois actes à engager cette semaine : vérifier que votre attestation exonérante est en cours de validité, qualifier vos lignes de chiffre d'affaires avec la matrice ci-dessus, et ouvrir le chantier plateforme avec votre éditeur de logiciel. Si le sujet déborde vers le financement de vos sessions, notre guide pour financer une formation IA via votre OPCO en 2026 détaille les documents attendus et les délais, et notre catalogue de formations IA pour entreprises présente les parcours finançables selon éligibilité.

→ Recevoir le programme Introduction à l'IA générative

FAQ · Facturation électronique et organismes de formation

Mon organisme de formation est exonéré de TVA : suis-je concerné par la facturation électronique ?

Oui, en réception. La DGFiP est explicite : les opérations exonérées au sens des articles 261 à 261 E du CGI sont hors champ de l'émission, mais en tant qu'acheteur professionnel, vous avez l'obligation de recevoir les factures de vos fournisseurs au format électronique par l'intermédiaire d'une plateforme agréée, dès le 1er septembre 2026. Sans plateforme choisie, vous ne pourrez pas recevoir les factures des grandes entreprises et ETI qui émettent à cette date.

Un organisme de formation devra-t-il émettre des factures électroniques en 2026 ?

Cela dépend de sa taille et de ses opérations. Grandes entreprises et ETI : émission obligatoire au 1er septembre 2026. PME, TPE et micro-entreprises : émission au 1er septembre 2027. Mais seules les opérations taxables entrent dans ce champ : les opérations de formation professionnelle continue exonérées et dispensées de facturation au sens des articles 261 à 261 E du CGI en sont exclues, tandis que le conseil, le recrutement ou la location de salles restent imposables et donc concernés selon le calendrier de taille.

Une facture PDF envoyée par mail reste-t-elle valable après le 1er septembre 2026 ?

Non, pour les opérations entrant dans le champ de la réforme. La DGFiP écrit que la facturation électronique « sous la forme de facture papier scannée, de PDF ordinaire, de document envoyé par mail, ne sera plus conforme » : la facture doit respecter un format structuré (UBL, CII ou format mixte) et transiter par une plateforme agréée.

Franchisé en base et exonéré CGI 261 : quelle différence pour la facturation électronique ?

Ce sont deux régimes distincts que la réforme traite différemment. Le franchisé en base (article 293 B du CGI) reste assujetti à la TVA : il est soumis à la facturation électronique en réception dès 2026 et en émission au plus tard en 2027, avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur ses factures. L'organisme exonéré pour ses opérations de formation professionnelle continue (article 261, 4, 4° du CGI) est, lui, hors champ de l'émission pour ces opérations, mais tenu de recevoir les factures de ses fournisseurs.

Mon organisme vend aussi des formations à des particuliers : que dit la réforme ?

Trois cas à séparer. Les inscriptions financées par le CPF passent par le circuit EDOF de la Caisse des dépôts, inchangé à la date de rédaction : le portail public des organismes ne publie aucune consigne de bascule vers une plateforme agréée. Les ventes directes à des particuliers hors CPF ne relèvent pas de la facturation électronique entre professionnels mais, pour les opérations taxables, de l'e-reporting ; en revanche, les actions de formation exonérées au sens des articles 261 à 261 E du CGI restent hors champ, en émission comme en transmission. Les ventes aux entreprises suivent le calendrier d'émission par taille pour les seules opérations taxables.

Comment choisir sa plateforme agréée avant septembre 2026 ?

La plateforme agréée est une entreprise privée immatriculée par l'État, partenaire de l'administration ; la liste officielle est publiée sur impots.gouv.fr. La DGFiP invite à commencer par votre logiciel actuel (facturation, métier, ERP) : s'il est connecté à une plateforme agréée, vous pouvez continuer à l'utiliser. Votre plateforme peut être différente de celle de vos fournisseurs et de vos clients.

Sources

Sources officielles (administration fiscale), relues le 30 août 2026 :

Point de contrôle : la fiche 2 affiche « Mise à jour juin 2026 » et le dépliant date d'août 2025 ; les règles qu'ils décrivent sont confirmées par les FAQ consultées le 30 août 2026. Les guides d'éditeurs et de presse spécialisée consultés pendant la recherche n'ont servi qu'à la vulgarisation, jamais à dater ni à trancher une règle.

Pierre Beunardeau

Pierre Beunardeau

Co-fondateur, Origin Education

Intervention en France

Où organiser la formation associée ?

Dans vos locaux ou à distance, selon le cadrage confirmé au devis. Consultez quelques zones d'intervention où ce programme est mis en avant.

Prêt à former vos équipes à l'IA ?

Financement OPCO possible. Réponse sous 24h.